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Mouvement
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8 min de lecture
Atlas cinétique

La course

Ce qui sépare la course de la marche n'est pas la vitesse mais un instant sans appui. Cet instant change tout : les forces encaissées, le rôle des tendons et la façon dont l'énergie circule.
Vue postérieure
Contact
Phase active

Contact

0 %
Le pied touche le sol devant ou sous le corps selon la vitesse et la façon de poser.
Passer à la pratique dans Shapier
Les montées sur la pointe des pieds, qui font travailler les mollets et le tendon calcanéen, se pratiquent dans Shapier ; Body Lab explique seulement pourquoi ce ressort compte en course.
Marche et course, deux mécaniques
Contact au sol
Toujours au moins un pied · Interrompu par une phase aérienne
Double appui
Deux fois par cycle · Aucun
Force verticale au sol
Proche du poids du corps · De l'ordre du double

Une différence de nature, pas de degré

On décrit souvent la course comme une marche accélérée. Mécaniquement, c'est inexact : les deux gestes ne relèvent pas du même fonctionnement, et le passage de l'un à l'autre est une bascule, pas une progression.
La page marche pose la règle : dans un pas, au moins un pied touche toujours le sol. La course commence exactement là où cette règle cesse de s'appliquer.
Phase aérienne
Instant du cycle où aucun des deux pieds ne touche le sol. Elle remplace le double appui de la marche et définit la course.
temps de suspension
Niveau de certitude · Établi
La course se distingue de la marche par la disparition du double appui et l'apparition d'une phase où aucun pied ne touche le sol.
C'est le critère retenu par l'analyse de la locomotion, mesuré par plateformes de force et par capture de mouvement. À mesure que la vitesse augmente, la durée de l'appui diminue et celle de la phase aérienne augmente ; le critère lui-même, en revanche, ne dépend pas de la vitesse.
Novacheck TF (1998) · Perry J, Burnfield JM (2010)

Ce que coûte l'instant sans appui

Un corps qui n'est plus soutenu tombe. Toute la mécanique de la course découle de cette retombée, qui doit être encaissée sur une seule jambe.
Niveau de certitude · Établi
La force verticale exercée sur le sol au cours d'un appui de course est de l'ordre du double de celle d'un appui de marche.
La revue rassemble des mesures sur plateforme de force comparant marche, course et sprint. Les valeurs rapportées dépendent nettement de la vitesse, de la surface et de la façon dont le pied se pose : l'ordre de grandeur est robuste, une valeur précise ne l'est pas et ne se transpose pas à un coureur donné.
Novacheck TF (1998)
Cette contrainte ne se répartit pas également. Elle est concentrée sur un appui plus court, ce qui laisse moins de temps pour l'absorber et déplace une partie du travail des muscles vers les structures passives.

Un ressort, plus un pendule

C'est le changement le plus profond, et le plus intéressant.
La marche fonctionne comme un pendule renversé : le corps s'élève au-dessus du pied posé et échange de l'énergie de position contre de l'énergie de mouvement. Ce mécanisme suppose un contact continu avec le sol.
La course fonctionne autrement. À la pose du pied, le corps s'abaisse et les tendons du membre inférieur — le tendon calcanéen au premier rang — s'allongent en emmagasinant de l'énergie élastique. À la poussée, ils se raccourcissent et la restituent. Le corps ne se balance plus, il rebondit.

Marche et course, deux mécaniques

Critère
Marche
Course
Contact au sol
Toujours au moins un pied
Interrompu par une phase aérienne
Double appui
Deux fois par cycle
Aucun
Force verticale au sol
Proche du poids du corps
De l'ordre du double
Mécanisme d'économie
Échange pendulaire
Restitution élastique
Rôle du tendon
Transmission
Transmission et stockage
Ce basculement donne au tendon un rôle qu'il n'a pas dans la marche. Il ne se contente plus de transmettre la force du muscle à l'os : il se déforme et rend ce qu'il a reçu. Le muscle, lui, travaille par moments à longueur presque constante pendant que le tendon s'allonge — une situation que la page régimes de contraction permet de lire correctement.

Les phases d'une foulée

Un cycle, d'un contact au suivant du même pied

  • 1
    Contact
    0 %
    Le pied touche le sol devant ou sous le corps selon la vitesse et la façon de poser.
  • 2
    Absorption
    0–20 %
    La cheville, le genou et la hanche fléchissent ; muscles et tendons encaissent la retombée.
  • 3
    Propulsion
    20–40 %
    Les mêmes structures se raccourcissent ; le mollet et les extenseurs de hanche relancent le corps.
  • 4
    Phase aérienne
    40–70 %
    Aucun pied au sol. La jambe libre se replie et passe devant.
  • 5
    Préparation
    70–100 %
    Les ischio-jambiers freinent l'avancée de la jambe, qui se prépare au contact suivant.

Qui travaille, et comment

Les muscles sont les mêmes qu'à la marche. Ce qui change est l'intensité et le temps disponible.
  • Les mollets et le tendon calcanéen forment le ressort principal du membre inférieur.
  • Les ischio-jambiers freinent la jambe en fin d'oscillation, à des vitesses bien supérieures à celles de la marche.
  • Les fessiers fournissent l'extension de hanche qui relance le corps.
  • Le moyen fessier tient le bassin, comme à la marche mais sans jamais bénéficier d'un double appui.
  • Le quadriceps amortit à chaque contact, en régime freiné.

Voir la chaîne postérieure

Vue postérieure

La scène montre l'arrière du corps : fessiers, ischio-jambiers et mollets, les trois groupes qui relancent le corps à chaque appui. Sans la 3D, l'image tient en une phrase : la propulsion vient de derrière, et la chaîne qui la produit va de la hanche au talon.
Étape en cours
Vue postérieure
Face arrière du corps. Le trapèze relie la nuque aux scapulas, le grand dorsal descend en éventail jusqu'au bassin, les érecteurs du rachis encadrent la colonne, le triceps occupe l'arrière du bras. Fessiers, ischio-jambiers et mollets forment la chaîne postérieure, de la hanche à la cheville.
Description de la scène
Schéma en trois dimensions d'un corps humain debout, bras le long du tronc, vu en volumes simplifiés couleur papier. Douze groupes musculaires prioritaires sont posés en terracotta sur cette silhouette : à l'avant le grand pectoral, le deltoïde, le biceps brachial, la sangle abdominale et le quadriceps ; à l'arrière le trapèze, le grand dorsal, les érecteurs du rachis, le triceps brachial, les fessiers, les ischio-jambiers et les mollets. Un squelette simplifié — crâne, rachis, cage thoracique, bassin, humérus, fémur, tibia — peut être affiché sous la silhouette pour montrer sur quels leviers osseux ces muscles tirent. Chaque groupe est sélectionnable et ouvre sa fiche détaillée. Il s'agit d'un schéma pédagogique aux volumes stylisés, pas d'une reconstruction anatomique exacte.
Structures visibles
  • Grand pectoral
    Nappe épaisse tendue de la clavicule, du sternum et des premiers cartilages costaux jusqu'au bord latéral du sillon bicipital de l'humérus. Elle rapproche le bras du plan médian et le porte vers l'avant : c'est le moteur des poussées horizontales.
  • Deltoïdes
    Trois faisceaux — antérieur, moyen et postérieur — partis de la clavicule, de l'acromion et de l'épine de la scapula vers la tubérosité deltoïdienne de l'humérus. Ensemble ils élèvent le bras ; séparément ils le portent vers l'avant, sur le côté ou vers l'arrière.
  • Biceps brachial
    Deux chefs nés de la scapula — tubercule supraglénoïdal et processus coracoïde — réunis sur la tubérosité radiale. Il fléchit le coude et supine l'avant-bras, et intervient dans tous les tirages.
  • Sangle abdominale
    Droit de l'abdomen, obliques externe et interne et transverse, tendus des côtes et du sternum au pubis et à la crête iliaque. Ils fléchissent et font tourner le tronc, et surtout stabilisent le rachis en réglant la pression intra-abdominale.
  • Quadriceps
    Quatre chefs — droit fémoral, vaste latéral, vaste médial, vaste intermédiaire — réunis par le tendon quadricipital sur la rotule, puis sur la tubérosité tibiale. Ils étendent le genou ; le droit fémoral fléchit aussi la hanche.
  • Trapèzes
    Muscle en losange étendu de l'occiput et des processus épineux cervicaux et thoraciques jusqu'à la clavicule, l'acromion et l'épine de la scapula. Ses portions supérieure, moyenne et inférieure élèvent, rapprochent et abaissent la scapula.
  • Grand dorsal
    Vaste éventail né des vertèbres thoraciques basses, du fascia thoracolombaire, de la crête iliaque et des dernières côtes, convergeant vers le sillon bicipital de l'humérus. Il ramène le bras vers le bas et vers l'arrière : c'est le moteur des tirages verticaux.
  • Érecteurs du rachis
    Colonnes musculaires — ilio-costal, longissimus, épineux — tendues du sacrum et de la crête iliaque aux côtes, aux vertèbres et au crâne, de part et d'autre des processus épineux. Elles étendent le rachis et contrôlent la descente du tronc.
  • Triceps brachial
    Trois chefs — long, latéral, médial — nés de la scapula et de la face postérieure de l'humérus, réunis sur l'olécrâne de l'ulna. Il étend le coude ; son chef long participe aussi à l'extension de l'épaule.
  • Fessiers
    Grand, moyen et petit fessiers, nés de l'aile iliaque et du sacrum et insérés sur le fémur et le tractus ilio-tibial. Ils étendent la hanche, l'abduisent et la font tourner : ils redressent le bassin dans la charnière et dans le squat.
  • Ischio-jambiers
    Biceps fémoral, semi-tendineux et semi-membraneux, tendus de la tubérosité ischiatique au tibia et à la fibula. Ils étendent la hanche et fléchissent le genou, et freinent la descente du tronc dans la charnière de hanche.
  • Mollets
    Gastrocnémiens et soléaire, réunis par le tendon calcanéen sur le calcanéus. Ils assurent la flexion plantaire de la cheville ; les gastrocnémiens, qui franchissent le genou, participent aussi à sa flexion.
  • Coiffe des rotateurs
    Quatre muscles courts tendus de la scapula au haut de l'humérus. Leurs tendons fusionnent en une nappe qui maintient la tête de l'os contre sa cavité pendant que le deltoïde déplace le bras.
  • Dentelé antérieur
    Nappe accrochée aux premières côtes par des languettes triangulaires, qui passe sous la scapula et se fixe sur son bord interne. Elle plaque l'omoplate contre le thorax et la fait pivoter.
  • Psoas-iliaque
    Seul muscle reliant directement la colonne lombaire au fémur. Il descend des vertèbres et de la fosse iliaque, contourne le bord du bassin et se fixe sur le petit trochanter.
  • Adducteurs de la hanche
    Cinq muscles tendus du pubis à la face arrière du fémur, disposés en plans qui se recouvrent. Ils ramènent la cuisse vers l'axe du corps et contrôlent le bassin en appui sur une jambe.
  • Muscles de l'avant-bras
    Masses groupées près du coude, prolongées par de longs tendons jusqu'au poignet et aux doigts. Elles commandent la main à distance et portent la force de préhension.
  • Tibial antérieur
    Muscle plaqué contre la face externe du tibia, dont le tendon bascule vers l'intérieur du pied. Il relève la pointe à chaque pas et freine la pose de l'avant-pied après le talon.
  • Diaphragme
    Coupole musculaire tendue du bord inférieur des côtes, du sternum et des vertèbres lombaires jusqu'à un tendon central. En se contractant elle descend, le thorax gagne du volume et l'air entre : c'est le moteur de la respiration calme, et le plafond de la cavité abdominale.
Étapes guidées
  • 1/5
    Face avant du corps. Le grand pectoral couvre le haut du thorax, le deltoïde coiffe l'épaule, le biceps occupe l'avant du bras, la sangle abdominale relie les côtes au bassin et le quadriceps remplit l'avant de la cuisse. Plus loin sur les membres, les muscles de l'avant-bras commandent le poignet et la main, et le tibial antérieur relève le pied.
  • 2/5
    Face arrière du corps. Le trapèze relie la nuque aux scapulas, le grand dorsal descend en éventail jusqu'au bassin, les érecteurs du rachis encadrent la colonne, le triceps occupe l'arrière du bras. Fessiers, ischio-jambiers et mollets forment la chaîne postérieure, de la hanche à la cheville.
  • 3/5
    Sous les groupes visibles travaillent des muscles qu'aucune silhouette ne montre. La coiffe des rotateurs tient la tête de l'humérus contre la scapula, le dentelé antérieur plaque la scapula sur le thorax, le psoas-iliaque relie la colonne lombaire au fémur, et les adducteurs remplissent la face interne de la cuisse. Plus profond encore, le diaphragme ferme le tronc en coupole, à l'intérieur des côtes. Ils orientent et stabilisent plus qu'ils ne déplacent.
  • 4/5
    Dans une poussée, la force part de l'appui au sol, traverse le quadriceps et la sangle abdominale, puis le grand pectoral, le deltoïde antérieur et le triceps éloignent la charge du tronc. Le squelette sert de levier : aucun groupe ne travaille seul, et la lisibilité du geste vient de leur enchaînement.
  • 5/5
    Dans un tirage, le grand dorsal et le trapèze rapprochent le bras et la scapula du tronc pendant que le biceps fléchit le coude. Fessiers, ischio-jambiers et érecteurs du rachis maintiennent bassin et colonne pour que la force passe sans que le tronc s'affaisse.
Licence du modèle · Z-Anatomy et BodyParts3DCC-BY-SA 4.0

Ce que cette page n'établit pas

Prudence
Un sujet où le consensus manque
La façon de poser le pied, le choix de la chaussure, la cadence, la « bonne technique » de course et leur relation avec la blessure font l'objet de travaux nombreux et de conclusions divergentes. Body Lab ne tranche pas et ne recommande rien sur ces points : décrire une mécanique ne permet pas d'en déduire une pratique.
Ce qui est décrit ici est ce que mesure l'analyse du mouvement : la présence d'une phase aérienne, l'ordre de grandeur des forces, le rôle élastique des tendons. Le reste dépasse ce que la littérature citée soutient.
Une douleur qui apparaît ou revient à la course relève d'un professionnel de santé, qui dispose du contexte qu'une page n'a pas.

Ce que le modèle ne montre pas

Limite
Une scène ne peut pas courir
Comme pour la marche, les scènes anatomiques sont des maillages fixes, sans squelette d'animation. Elles situent les structures concernées ; elles ne jouent aucune foulée, et le déroulé temporel est porté par le texte.

Mouvements et structures associés

La course suppose la marche, dont elle reprend le cycle en supprimant le double appui, et partage avec la fente la contrainte de l'appui unipodal. Côté structures, elle mobilise les mollets, les ischio-jambiers, les fessiers, le quadriceps et le tendon, dont le rôle élastique devient ici déterminant.

Sources

Sources principales

  • Novacheck TF (1998). The biomechanics of running. Gait & Posture.
  • Perry J, Burnfield JM (2010). Gait Analysis: Normal and Pathological Function, 2nd edition. SLACK Incorporated.
  • Neumann DA (2016). Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation, 3rd edition. Elsevier.
Passer à la pratique dans Shapier

Travailler le ressort du mollet

Les montées sur la pointe des pieds, qui font travailler les mollets et le tendon calcanéen, se pratiquent dans Shapier ; Body Lab explique seulement pourquoi ce ressort compte en course.
Travailler le ressort du mollet
Body Lab explique ; Shapier permet d’agir et de suivre.

Vérifier ma compréhension

Qu'est-ce qui distingue mécaniquement la course de la marche ?
Quel mécanisme permet à la course d'économiser de l'énergie ?
Que dit cette page du lien entre technique de course, chaussure et blessure ?
Choisissez une réponse

À lire ensuite

  • La marche
    Le mouvement le plus fréquent du corps humain, et le moins décrit. Un pas met en jeu une vingtaine de muscles dont l'essentiel du travail consiste à freiner, et un problème d'équilibre que rien ne signale.
    Avec scène 3D
  • Le tendon
    La pièce qui relie un muscle à un os. Elle transmet la force, la stocke un instant comme un ressort, et s'adapte beaucoup plus lentement que le muscle qu'elle prolonge.
    Avec scène 3D
  • Le système aérobie
    La voie qui fournit l'essentiel de l'énergie dès que l'effort dure. Elle brûle glucides et lipides avec de l'oxygène, produit beaucoup mais lentement, et ne s'arrête jamais.
    Avec scène 3D

Disponible hors ligne

Le téléchargement hors ligne est disponible dans l’application mobile.

Confiance et méthode

Relecture éditoriale
Thanh Chau
Relecture scientifique
En attente
Publié le
2 août 2026
Révisé le 2 août 2026
Prochaine révision prévue le 2 août 2027
Limites de cette page
  • Les valeurs de force au sol varient avec la vitesse, la surface, la chaussure et la façon dont le pied se pose : les ordres de grandeur donnés ici ne valent pas pour un coureur en particulier.
  • Les scènes de Body Lab sont des maillages fixes, sans squelette d'animation : aucune ne peut montrer une foulée.
  • Le lien entre technique de course, type de pose du pied, chaussure et blessure est un sujet discuté, sans consensus. Cette page décrit une mécanique et n'en tire aucune recommandation.
  • Une douleur qui apparaît ou revient à la course relève d'un professionnel de santé : cette page ne permet aucune évaluation individuelle.
Sources
  • Novacheck TF (1998). The biomechanics of running. Gait & Posture.
  • Perry J, Burnfield JM (2010). Gait Analysis: Normal and Pathological Function, 2nd edition. SLACK Incorporated.
  • Neumann DA (2016). Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation, 3rd edition. Elsevier.
Contenu éducatif. Body Lab n'établit aucun diagnostic et ne remplace pas un avis professionnel.
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