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8 min de lecture

La cheville

Le talus est encastré entre deux malléoles comme un tenon dans une mortaise. Les ligaments qui le tiennent ne sont pas symétriques, et cette asymétrie explique beaucoup.
Scène 3D
La cheville, os et ligaments
La scène montre le tibia et la fibula descendant sur le talus, avec les os du tarse en dessous et les ligaments mis en avant de part et d'autre. Sans la 3D, l'image tient en une phrase : une pièce encastrée entre deux montants, tenue par un éventail épais d'un côté et trois cordons fins de l'autre.
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Un tenon dans une mortaise

L'articulation de la cheville — la talo-crurale — unit le tibia et la fibula au talus, le premier os du pied. Les deux os de la jambe descendent de part et d'autre et forment deux saillies palpables : les malléoles, médiale pour le tibia, latérale pour la fibula.
Entre elles, le talus est encastré. La comparaison avec une menuiserie est classique et juste : un tenon rectangulaire pris dans une mortaise, qui ne peut bouger que dans un sens.
Mortaise tibio-fibulaire
Espace en forme d'étau formé par l'extrémité inférieure du tibia et les deux malléoles, dans lequel le talus vient s'engager. Sa largeur varie de quelques millimètres pendant le mouvement.
pince malléolaire
Cet emboîtement explique l'essentiel du comportement de la cheville. Elle est très stable dans le plan de la flexion — relever et pointer le pied — et beaucoup moins dans les autres.

Deux côtés qui ne se valent pas

Les ligaments qui tiennent la mortaise ne sont pas symétriques, et c'est le point le plus utile de cette page.
  • Du côté médial, un ligament large et épais, disposé en éventail depuis la malléole tibiale vers le talus, le calcanéus et l'os naviculaire. On l'appelle souvent ligament deltoïde à cause de sa forme.
  • Du côté latéral, trois faisceaux distincts et nettement plus minces relient la malléole fibulaire au talus, en avant et en arrière, et au calcanéus.
Cette asymétrie n'est pas un défaut de conception : la malléole latérale descend plus bas que la médiale et bloque mécaniquement le mouvement vers l'extérieur. La retenue vers l'intérieur repose donc davantage sur les ligaments, qui sont pourtant les plus fins.
Niveau de certitude · Établi
Le complexe ligamentaire médial de la cheville est plus épais et plus continu que le complexe latéral, composé de trois faisceaux distincts.
L'anatomie descriptive et la kinésiologie décrivent la même disposition et la même asymétrie. Ce qui varie selon les travaux est la contribution respective de chaque faisceau latéral aux différentes positions du pied.
Standring S (2020) · Neumann DA (2016)

Ce que l'amplitude de cheville change ailleurs

La flexion dorsale — le mouvement qui rapproche le dessus du pied de la jambe — n'est pas qu'une affaire de cheville. Dans le squat, c'est elle qui permet au genou d'avancer au-dessus du pied ; quand elle manque, la descente se limite ou le tronc s'incline davantage pour compenser.
C'est pourquoi une même consigne de squat produit des positions différentes selon les personnes : l'amplitude disponible à la cheville, comme l'orientation du cotyle à la hanche, n'est pas la même pour tout le monde.

Voir la cheville

La cheville, os et ligaments

La scène montre le tibia et la fibula descendant sur le talus, avec les os du tarse en dessous et les ligaments mis en avant de part et d'autre. Sans la 3D, l'image tient en une phrase : une pièce encastrée entre deux montants, tenue par un éventail épais d'un côté et trois cordons fins de l'autre.
Étape en cours
La cheville
Le talus est encastré entre les deux malléoles comme un tenon dans une mortaise. Du côté interne, un ligament épais en éventail ; du côté externe, trois faisceaux nettement plus minces. Cette asymétrie n'est pas un détail : elle explique dans quel sens la cheville cède le plus souvent.
Description de la scène
Modèle en trois dimensions de quatre articulations du côté gauche du corps, présentées l'une après l'autre sur fond papier. L'épaule montre la scapula, la clavicule et le haut de l'humérus en tons os, avec la capsule articulaire, le bourrelet glénoïdien et les ligaments gléno-huméraux en gris olive. La hanche montre l'os coxal et le fémur, la capsule enveloppant le col, le bourrelet acétabulaire et les trois ligaments enroulés autour. Le genou montre le fémur, le tibia, la fibula et la patella, avec les deux ménisques posés sur le plateau tibial, les ligaments croisés au centre et les collatéraux de part et d'autre. Le rachis lombaire, vu de profil, montre les cinq vertèbres et le sacrum séparés par cinq disques, avec les ligaments longitudinaux courant devant et derrière les corps vertébraux. Les tissus articulaires sont mis en avant à chaque étape, les os restant en arrière-plan.
Structures visibles
  • Bourrelet glénoïdien
    Anneau fibro-cartilagineux fixé au pourtour de la cavité glénoïdale. Il en creuse le bord et augmente la surface de contact avec la tête de l'humérus, dont le diamètre dépasse largement celui de la cavité.
  • Ligaments de la hanche
    Trois faisceaux enroulés autour de la capsule — iliofémoral, pubofémoral, ischiofémoral. Ils se tendent lorsque la hanche s'étend, ce qui permet de tenir debout sans effort musculaire continu.
  • Ligaments croisés
    Deux ligaments tendus au centre du genou, croisés l'un devant l'autre. Ils limitent le glissement du tibia sous le fémur, vers l'avant pour l'antérieur, vers l'arrière pour le postérieur.
  • Disques intervertébraux
    Cinq disques séparent les vertèbres lombaires et le sacrum. Chacun associe un anneau fibreux résistant et un noyau plus déformable, qui répartit la charge et autorise un léger mouvement entre deux vertèbres voisines.
  • Ligaments du coude
    Deux collatéraux tiennent le coude latéralement, et un anneau enserre la tête du radius pour la laisser pivoter sans quitter sa place. Le coude combine ainsi une charnière et un pivot.
  • Ligaments latéraux de la cheville
    Trois faisceaux minces relient la fibula au talus et au calcanéus. Ils sont nettement plus fins que leurs homologues médiaux, ce qui explique que la cheville se laisse plus facilement forcer vers l'intérieur.
Étapes guidées
  • 1/6
    La tête de l'humérus est bien plus large que la cavité qui la reçoit. Le bourrelet glénoïdien en creuse le bord, la capsule enveloppe l'ensemble, et trois ligaments gléno-huméraux la renforcent par l'avant. C'est le prix de la mobilité : peu d'os pour retenir, beaucoup de tissu mou.
  • 2/6
    À l'inverse de l'épaule, la tête fémorale est profondément engagée dans le cotyle, que le bourrelet acétabulaire prolonge encore. Les trois ligaments s'enroulent autour du col et se tendent en extension : debout, ils portent une partie du travail que les muscles n'ont plus à fournir.
  • 3/6
    Deux surfaces mal accordées — les condyles arrondis du fémur sur un plateau tibial presque plat. Les ménisques comblent l'écart, les croisés tiennent le tibia dans l'axe avant-arrière, les collatéraux le tiennent latéralement. Retirer une seule de ces pièces déplace la charge sur les autres.
  • 4/6
    Cinq vertèbres, cinq disques, et un jeu de ligaments qui court sur toute la hauteur. Chaque étage ne bouge que de quelques degrés ; c'est leur somme qui donne l'amplitude du tronc. Les ligaments longitudinaux limitent la flexion et l'extension, les ligaments jaunes ferment l'arrière du canal.
  • 5/6
    Le coude fait deux choses dans une seule capsule. L'humérus et l'ulna forment une charnière qui ne fléchit et n'étend que dans un plan ; la tête du radius, elle, pivote sur place dans un anneau ligamentaire, ce qui retourne la paume. Les deux collatéraux tiennent l'ensemble latéralement.
  • 6/6
    Le talus est encastré entre les deux malléoles comme un tenon dans une mortaise. Du côté interne, un ligament épais en éventail ; du côté externe, trois faisceaux nettement plus minces. Cette asymétrie n'est pas un détail : elle explique dans quel sens la cheville cède le plus souvent.
Licence du modèle · Z-Anatomy et BodyParts3DCC-BY-SA 4.0

Ce que le modèle simplifie

Limite
Ce qui manque à l'image
Le cartilage n'est pas représenté, ni les gaines qui contournent les malléoles et dans lesquelles glissent les tendons des mollets et du tibial antérieur. La syndesmose, qui unit tibia et fibula juste au-dessus de l'articulation, n'apparaît pas non plus.
Surtout, l'articulation sous-talienne — située sous le talus — produit une part importante des mouvements d'inversion et d'éversion, et n'est pas figurée séparément. Ce que l'on ressent comme un mouvement « de cheville » se répartit en réalité sur plusieurs étages.

Un sujet où la prudence s'impose

Prudence
Ce que cette page ne dit pas
L'entorse de cheville est l'une des blessures les plus fréquentes, et la disposition décrite plus haut explique pourquoi elle touche le plus souvent le côté externe. Cela n'autorise aucune conclusion sur un cas particulier.
Body Lab ne propose ici ni test, ni exercice, ni délai de reprise. Une cheville qui ne supporte plus l'appui, qui gonfle rapidement, ou qui reste douloureuse plusieurs jours relève d'un professionnel de santé.

Structures associées

La cheville est fléchie vers le bas par les mollets et relevée par le tibial antérieur. Elle travaille dans le squat, la fente et à chaque pas de marche.

Sources

Sources principales

  • Standring S (2020). Gray's Anatomy: The Anatomical Basis of Clinical Practice, 42nd edition. Elsevier.
  • Neumann DA (2016). Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation, 3rd edition. Elsevier.
Passer à la pratique dans Shapier

Voir l'exercice d'extensions de mollets

Ouvrir dans Shapier la fiche des extensions de mollets, l'exercice qui entraîne les mollets en fléchissant la cheville vers le bas.
Voir l'exercice d'extensions de mollets
Body Lab explique ; Shapier permet d’agir et de suivre.

Vérifier ma compréhension

Pourquoi l'asymétrie des ligaments de la cheville n'est-elle pas un défaut de conception ?
Quand la flexion dorsale de la cheville manque dans le squat, que se passe-t-il ?
D'où vient une part importante des mouvements d'inversion et d'éversion du pied ?
Choisissez une réponse

À lire ensuite

  • Le genou
    Deux surfaces mal accordées, un plateau presque plat sous des condyles arrondis. Ménisques, ligaments croisés et collatéraux compensent ce défaut d'emboîtement.
    Avec scène 3D
  • Tibial antérieur
    Le tibial antérieur longe le devant de la jambe et relève le pied. Discret à l'effort, il travaille à chaque pas pour empêcher la pointe de traîner au sol.
    Avec scène 3D
  • Le coude
    Deux mécanismes dans une seule capsule : une charnière qui plie le bras, et un pivot qui retourne la paume. Le radius y tourne sur place, retenu par un anneau.
    Avec scène 3D

Disponible hors ligne

Le téléchargement hors ligne est disponible dans l’application mobile.

Confiance et méthode

Relecture éditoriale
Thanh Chau
Relecture scientifique
En attente
Publié le
2 août 2026
Révisé le 2 août 2026
Prochaine révision prévue le 2 août 2027
Limites de cette page
  • Le modèle ne montre ni le cartilage, ni les gaines des tendons qui contournent les malléoles, ni la syndesmose qui unit tibia et fibula juste au-dessus de l'articulation.
  • L'articulation sous-talienne, sous le talus, produit une part importante des mouvements d'inversion et d'éversion : elle n'est pas figurée séparément.
  • L'entorse de cheville est fréquente et ses formes sont très variables. Cette page décrit une anatomie : elle ne permet ni d'évaluer une entorse, ni de décider d'une reprise d'activité.
  • Une cheville qui ne supporte plus l'appui, qui gonfle rapidement ou qui reste douloureuse plusieurs jours relève d'un professionnel de santé.
Sources
  • Standring S (2020). Gray's Anatomy: The Anatomical Basis of Clinical Practice, 42nd edition. Elsevier.
  • Neumann DA (2016). Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation, 3rd edition. Elsevier.
Contenu éducatif. Body Lab n'établit aucun diagnostic et ne remplace pas un avis professionnel.
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